Collectivite Auteur :
Nations Unies. Bureau de lutte contre le Terrorisme. Centre de l'ONU pour la lutte contre le Terrorisme
Année de Publication :
2022
Type : Rapport
Thème : Société
Vingt ans se sont écoulés depuis les attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis d’Amérique, à la suite desquels le nombre d’actes terroristes a augmenté de manière exponentielle à travers le monde, et en particulier dans les pays du Sud.
Avec la nouvelle mobilisation internationale et les efforts menés sous l’égide de l’Organisation des Nations Unies pour lutter contre la menace grandissante du terrorisme au niveau mondial, les pays du Sud sont devenus à la fois bénéficiaires et fournisseurs d’assistance technique dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent dans leur région et ailleurs. Ils y sont parvenus grâce à des solutions innovantes et créatives, et ont diffusé les résultats ainsi obtenus parmi les pays en développement grâce à la coopération Sud-Sud.
Bien que la coopération Sud-Sud ait vu le jour à la Conférence de Bandung de 1955, elle ne s’est concrétisée dans le domaine du développement que lors de la Conférence sur la coopération technique entre pays en développement, tenue à Buenos Aires en 1978. Elle a été complétée plus tard par la « coopération triangulaire », processus par lequel des pays donateurs et des organisations multilatérales facilitent les initiatives Sud-Sud, pour former la coopération Sud-Sud et triangulaire.
Étendre la coopération aux questions de sécurité, telles que la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent, a donné une nouvelle dimension à la coopération Sud-Sud. Considérant celle ci comme une priorité, le Bureau de lutte contre le terrorisme a lancé, en mars 2019, en marge de la deuxième Conférence de haut niveau des Nations Unies sur la coopération Sud-Sud, un projet mondial sur le renforcement de l’échange Sud-Sud entre experts d’Afrique, d’Asie, du Moyen-Orient et d’Amérique latine et des Caraïbes concernant la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent pouvant conduire au terrorisme, qui se veut une initiative pionnière visant à renforcer cette nouvelle dimension de la coopération Sud-Sud. Le présent recueil va dans le même sens. Il présente des initiatives nationales et régionales de lutte contre le terrorisme et de prévention de l’extrémisme violent dans plusieurs régions du Sud, qui peuvent être porteuses de collaborations et d’avantages précieux pour les pays confrontés à des défis similaires. Il vise essentiellement à illustrer le potentiel des pays du Sud et le rôle prépondérant qu’ils pourraient jouer dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent.
Les centres d’excellence régionaux africains ont pour mission de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent au moyen d’études et de recherches approfondies visant à fournir des orientations utiles et à faciliter la coopération technique entre les forces de sécurité. La coopération transfrontières comme celle qui existe entre l’Éthiopie et le Kenya illustre également comment les pays du Sud luttent contre le terrorisme et préviennent l’extrémisme violent, avec le soutien de l’Union européenne, dans le cadre d’un accord de coopération triangulaire visant à instaurer une paix durable au sein des populations locales.
Bien que les cas de terrorisme soient peu nombreux en Amérique latine et dans les Caraïbes, le lien entre crime organisé et terrorisme suscite une inquiétude croissante. La mise en place d’un cadre solide aux niveaux national et régional pourrait encourager la coopération Sud-Sud dans la lutte contre le terrorisme et la prévention de l’extrémisme violent, notamment grâce à l’expérience de l’Argentine, qui plaide vigoureusement en faveur de l’adhésion des pays du sous-continent aux accords multilatéraux, et du Brésil, qui s’appuie sur la coopération internationale pour accueillir de grandes manifestations sportives en toute sécurité.
Des États Membres de diverses régions d’Asie collaborent pour renforcer les capacités de lutte contre le terrorisme et de prévention de l’extrémisme violent. La Chine, l’Indonésie et Singapour ont proposé leur conception de la coopération Sud-Sud, mettant en avant des aspects tels que les avantages mutuels et les partenariats équitables, ainsi que les possibilités de coopération technique et de coordination des politiques dans la région et ailleurs. Du renforcement des capacités des forces de police par les États membres de l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN) aux initiatives réussies en matière de poursuites, réadaptation et réintégration en Asie centrale, les compétences ne manquent pas pour développer cette coopération, qui reçoit le soutien inestimable de pays partenaires et d’organisations internationales, comme dans le cadre de l’opération Sunbird d’INTERPOL, ayant pour objectif de renforcer les compétences des forces de police de tous les pays membres de l’ASEAN dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée.
Les pays du Moyen-Orient et d’Afrique du Nord ont également lancé des initiatives pertinentes de lutte contre le terrorisme et de prévention de l’extrémisme violent afin de promouvoir une vision modérée de l’Islam et de combattre les propos extrémistes, à l’aide des technologies et discours religieux, ainsi que de promouvoir la paix et la sécurité dans les pays arabes.
Le Bureau de lutte contre le terrorisme espère que les initiatives présentées ici continueront à encourager la collaboration et à susciter de nouveaux partenariats entre les États Membres pour promouvoir les efforts de développement déployés en vue de la réalisation du Programme de développement durable à l’horizon 2030.