Auteur :
Khalid
Amal
Collectivite Auteur :
Ministère de la Santé.Institut National D'Administration Sanitaire (I.N.A.S)
Année de Publication :
2004
Type : Thèse / Mémoire
Thème : Santé
Couverture :
Maroc
Ce travail a pour but d’analyser le processus de la rationalisation des prescriptions des médicaments avec adaptation aux protocoles thérapeutiques au niveau du RSSB à la province de Safi. La stratégie de recherche utilisée est de type synthétique avec comme devis : cas multiples avec un seul niveau d’analyse, et selon une approche prospective. La méthodologie comporte, un volet qualitatif et un volet quantitatif
Les résultats de cette étude montrent que 64% des médecins n’ont pas connaissance de la liste des médicaments essentiels, 40% déclarent connaître le manuel de gestion des médicaments sans pour autant l’utiliser et 67% n’utilisent pas le livret thérapeutique.
L’évaluation de l’adéquation des prescriptions par rapport aux normes de rationalisations établies par l’OMS révèle que : le nombre moyen de médicaments prescrits par ordonnance est de 2.2 ; 35% des médicaments prescrits sont des génériques ; 55% des prescriptions comportent au moins un antibiotique ; 9% seulement des prescriptions comportent un produit injectable et environ 60% des médicaments prescrits figurent sur la liste des médicaments essentiels.
Ce travail montre également la faible adhésion des prescripteurs aux protocoles puisque le pourcentage de prescriptions conformes aux directives thérapeutiques n’est que de : 16% pour la diarrhée chez l’enfant ; 50% pour l’atteinte des voies respiratoires hautes « angine » ; 70% pour les infections sexuellement transmissibles (IST) et 48% pour les infections respiratoires aiguës (IRA).
Parmi les contraintes majeures à l’application de la rationalisation des prescriptions avec adaptation aux protocoles, il y a la formation de base qui reste insuffisante dans certains domaines, tels que la prévention, la gestion, ainsi que les techniques relationnelles. Concernant la formation continue, elle n’est que d’un faible apport et ne bénéficie pas d’un suivi et d’un entretien régulier. Il a été noté par contre, une influence massive de la publicité pharmaceutique sur les médecins par l’intermédiaire des délégués médicaux. Quant à la relation médecin- malade, elle demeure insatisfaisante et se répercute négativement sur la qualité de prescription du médecin et sur le degré d’observance du malade..
Les médicaments génériques devraient également être encouragés compte tenu des faibles pouvoirs d’achat et taux de couverture médicale.
Par ailleurs, si la formation de base doit insister plus sur le côté préventif de l’exercice médical, la formation continue devrait être aussi plus fréquente et s’accompagner d’une formation, d’un audit et d’une rétro -information. Concernant les exigences des patients, il est nécessaire d’appliquer une stratégie énergique d’éducation et d’information des consommateurs sur les médicaments. Une réglementation de la promotion pharmaceutique s’impose, et il incombe aux laboratoires d’assurer une formation adéquate à leurs délégués médicaux. De plus, les médecins pharmaciens ainsi que leurs aides devraient aussi bénéficier d’une formation sur le principe de la rationalisation des prescriptions. Enfin, le Maroc devrait mettre en oeuvre une politique pharmaceutique nationale globale dont les éléments clés sont : l’accessibilité économique, le financement des médicaments, les systèmes d’approvisionnement, la réglementation pharmaceutique, l’usage rationnel des médicaments, la recherche, le développement des ressources humaines, la surveillance et enfin l’évaluation..