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HABITAT CLANDESTIN ET INSALUBRE AU MAROC : VERS UNE STRATÉGIE D’INTERVENTION PLURIELLE

Auteur : Benlahcen Tlemçani Mohamed Rufin Missamou
Type : Article
Thème : Logement et habitat
Couverture : Maroc

Résumé/Sommaire :

À l’instar de beaucoup de pays en voie de développement, le Maroc a connu depuis son indépendance un développement rapide de l’habitat dit clandestin et insalubre en liaison directe avec l’explosion démographique et l’urbanisation accélérée qui le caractérisent. Alors qu’on pensait que ce type d’habitat était transitoire et appelé à disparaître, on s’est rendu compte progressivement que, devant l’ampleur et la complexité des facteurs qui l’engendrent, on est en présence d’un phénomène durable qui constitue désormais un trait dominant du paysage urbain et une composante essentielle du développement urbain qu’il convient de traiter globalement et spécifiquement dans ses différentes formes d’expression.

La question de l’habitat a constitué une préoccupation constante de l’État ; en témoigne l’intérêt que lui ont porté les différents plans de développement économique et social et les actions importantes qui ont été menées par les pouvoirs publics, en vue de loger un grand nombre de citoyens et d’améliorer les conditions d’habitat des populations les plus démunies. Mais les actions de l’État en matière de lutte contre l’habitat clandestin et insalubre dans une optique d’intégration urbaine ne se sont manifestées explicitement qu’à partir de la fin de la décennie soixante dix.

Le développement de la politique de décentralisation (loi de 1976) avec une nouvelle répartition des ressources budgétaires de l’État au profit des collectivités locales qui deviennent ainsi directement impliquées dans la réalisation des projets d’habitat (Benlahcen Tlemçani, 1998) 1 ainsi que la création des Établissements régionaux d’aménagement et de construction (ERAC), de la Société nationale d’équipement et de construction (SNEC) et en 1984 d’un organisme spécialisé : l’Agence nationale de lutte contre l’habitat insalubre (ANHI), marquent la volonté de l’État de réviser son attitude centraliste et macro-économique du passé. Ainsi, les pouvoirs publics semblent avoir perçu tout le parti à tirer de la décentralisation du pouvoir de décision économique et de l’association des collectivités locales et des opérateurs publics spécialisés à l’effort de lutte contre l’habitat insalubre.

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