Collectivite Auteur :
Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP)
Année de Publication :
2006
Type : Article
Thème : Finances
Télécharger le document :Nombreuses sont les institutions de microfinance (IMF) emprunteuses qui ne gèrent pas convenablement leur exposition au risque de change. Le risque de change comprend au moins trois éléments: 1) risque de dévaluation ou de dépréciation; 2) risque de convertibilité ; et 3) risque de transfert.
La dévaluation ou la dépréciation se produit généralement en microfinance lorsqu’une IMF contracte une dette en devises, le plus souvent en dollars ou en euros, et prête ensuite ces fonds en monnaie nationale (MN). L’IMF détient donc une dette dans une monnaie forte et des actifs dans une monnaie nationale (dans ce cas, on dit qu’il y a un écart de devises, ou position de change défavorable, dans le bilan de l’IMF). Les fluctuations des valeurs relatives de ces deux monnaies peuvent affecter négativement la viabilité financière de l’organisation.
Le risque de convertibilité représente un autre élément possible du risque de change. Pour les besoins de cette Note, le risque de convertibilité s’entend comme le risque que le gouvernement ne vende pas de devises aux emprunteurs ou autres détenteurs d’obligations libellées en monnaie forte. Le risque de transfert est le risque que le gouvernement ne permette pas aux devises de quitter le pays, quelle qu’en soit la source.
Étant donné que les IMF opèrent dans les pays en développement où le risque de dépréciation de la monnaie est le plus élevé, elles sont particulièrement vulnérables au risque de change. Et comme l’observerait probablement tout vétéran des restructurations de la dette souveraine des années 80 et 90, les risques de convertibilité et de transfert, quoique moins répandus que le risque de dévaluation ou de dépréciation, se produisent aussi périodiquement dans les pays en développement. Toutefois, une étude récente des IMF effectuée par le Groupe consultatif d’assistance aux pauvres (CGAP) indique que 50% des IMF n’ont mis en place aucune disposition pour se protéger contre le risque de change. Celles qui ne se protègent pas contre le risque—ou qui ne le font que partiellement—ont plusieurs raisons d’agir ainsi. Il n’est pas toujours nécessaire de se couvrir à 100% contre le risque de change. Cependant, les réponses à l’enquête font apparaître une méconnaissance générale du risque de change et du niveau de l’exposition des IMF à ce type de risque.
La présente Note Focus vise avant tout à sensibiliser le secteur de la microfinance aux questions liées au risque de change. Elle explique tout d’abord ce que l’on entend par risque de change.
Ensuite, elle examine les techniques utilisées par les IMF et les investisseurs pour gérer ce risque. Enfin, elle recommande des méthodes permettant de gérer le risque de change ou d’éviter de s’y exposer.
