Collectivite Auteur :
Ministère de l’Agriculture, de la Pêche Maritime, du Développement Rural et des Eaux et Forêts. Agence Nationale pour le Développements des Zones Oasiennes et de l’Arganier (ANDZOA)
Année de Publication :
2018
Type : Rapport
Thème : Ecosystèmes terrestres
Couverture : Maroc
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Le site SIPAM ″Système agro sylvo-pastoral de l’arganier dans l’Espace Ait Souab-Ait Mansour‟ situé dans la région de l’Anti Atlas s’étend sur les grandes vallées du Sud-Ouest dans le cercle d’Ait Baha au nord et de Tafraout au sud. Il est en grand partie inclus dans la zone de transition de la Reserve de Biosphère de l’Arganier (RBA) et englobe Jbel Lkest qui fait partie de la Zone A.
La population est constituée en majorité d’origine Amazigh mais aussi d’origine arabe intégrée depuis des siècles. La vie de la population locale de cette zone est étroitement liée, d'une manière directe et indirecte à la biodiversité locale. Il est donc évident que l’agro-biodiversité a pour principal rôle la sécurité alimentaire des familles, l'alimentation animale, la trésorerie et la semence. On compte plus de 50 espèces végétales cultivées représentées par 102 variétés locales toutes endémiques de cette région. La production animale est assurée par l’élevage de 16 races appartenant à différentes espèces de bovins, ovins, caprins, camelins, équins, volaille et abeilles. Ce site offre des ressources complémentaires en matière de la diversité associée. Par sa localisation dans la zone refuge du hotspot méditerranéen, ce site possède une diversité biologique exceptionnelle. Elle compte 321 espèces végétales dont 106 sont endémiques. La faune sauvage comprend plus de 144 espèces dont 18 sont endémiques à la zone.
L'arganier [Argania spinosa (L.) Skeels] est l’espèce emblématique et l’arbre clef de voûte de la région. Cette Sapotaceae - la seule présente au Maroc - à la fois forestière, fruitière et fourragère est le pivot d’un système agraire traditionnel qui joue un rôle irremplaçable dans l’équilibre écologique de la région.
Les rares terres arables, se rencontrent derrière les murettes des terrasses de cultures accrochées aux versants de la montagne. Les terrasses sont construites sur les collines, amorcée par une opération d’épierrage assurant ainsi la fondation de l’édifice et la disponibilité de matériaux de construction. Ces édifices assurant la retenue du sol, sa protection contre l’érosion et la filtration de l’eau, permettent d’installer les cultures pour alimenter les habitants. Grace à leur intégration avec le milieu naturel, elles constituent une composante intrinsèque du paysage culturel du site. La pérennité des terrasses témoigne du génie des artistes qui les ont édifiées.
La nature de relief accidenté et le contraste du climat aride font de l’eau une denrée rare et précieuse. Pour assurer les besoins de l’alimentation humaine, les habitants de ce site ont inventé une technologie locale dans la conservation de l’eau. Il s’agit des citernes souterraines appelées en terme locale ″Matfyia‟. Outre leur creusement, construction et architecture, leur gestion et distribution dans les lieux publics et privés constitue un modèle de gestion des ressources naturelles.
Les savoir-faire ancestraux liés à l'arganier sont multiples et sont plus particulièrement tenus et pratiqués par les femmes. La gestion d’eau d’irrigation est assurée par la Jmaâ (Comité des sages de la communauté) qui a imposé depuis des générations des règles respectées sans force.
Les greniers collectifs appelés les Igoudar sont conçus pour renfermer les biens précieux de la communauté. Ils sont construits de pierres et s’intègrent parfaitement avec le paysage naturel, leur architecture incarne des concepts de durabilité et d’adaptation. C’est aussi une institution qui assure des fonctions au vivre-ensemble. Les Igoudar constituent un savoir précieux en termes de pratiques communautaires de solidarité et de discipline.
