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Une révolution hydraulique en Méditerranée

Auteur : Blanc Pierre Le Grusse Philippe
Année de Publication : 0
Type : Etude
Thème : Eau douce
Couverture : Afghanistan

Résumé/Sommaire :

« La région méditerranéenne ne dispose que de 3 % des ressources en eau du monde, alors qu’elle rassemble 7,3 % de l’Humanité. Près de 60 % des habitants de la planète sont pauvres en eau, c’est-à-dire qu’ils disposent de moins de 1 000 m³ de ressource annuelle per capita et se concentrent dans les seuls pays méditerranéens du Sud et du Proche-Orient » (PNUE-PAM-Plan bleu, 2004).

Ces seules informations font apparaître une situation globalement déséquilibrée entre offre et demande en eau, mais également appréhender de fortes disparités entre la rive nord d’une part et le sud et l’est d’autre part. Les apports moyens en eau sont en effet très inégalement répartis d’une rive à l’autre, avec environ plus de 70 % pour le Nord, 20 % pour l’Est et moins de 10 % pour le Sud. Cette disparité des ressources s’accompagne d’un déséquilibre du dynamisme démographique particulièrement évident, qui tend à aggraver aujourd’hui les problèmes d’approvisionnement au sud et à l’est de la Méditerranée, et ce quels que soient les besoins.

Le secteur de l’agriculture, qui est de loin le plus dispendieux en eau (avec 81 % au sud et 69 % à l’est), est en particulier très défavorisé par cette donne. Sur des apports pluviométriques moyens d’environ 1 100 milliards de mètres cube, près de 560 milliards n’engendrent pas d’écoulement – il s’agit de l’eau verte qui équivaut à l’évapotranspiration réelle – et seuls 300 milliards sont utiles pour la végétation naturelle et cultivée. L’écart entre les besoins des cultures et « l’eau verte » permet d’approcher le besoin d’irrigation, qui varie énormément d’une rive à l’autre.

Ainsi, au nord du bassin, l’eau verte disponible dépasse souvent 500 mm même si, dans certaines régions, elle peut varier entre 200 et 300 mm. Au Maghreb, elle varie de 500 mm à moins de 100 mm, avec une très forte variabilité inter annuelle. Quant à l’est, une majorité du territoire reçoit moins de 100 mm. Sachant que le besoin d’irrigation devient incontournable en dessous de 300 mm et parfois en dessous de 500 mm pour certaines cultures, on mesure l’importance des besoins, d’autant que ce déficit volumétrique s’accompagne d’une grande variabilité intra annuelle et inter annuelle.

Si l’agriculture est défavorisée par cette donne, la rareté de la ressource pose également un problème d’approvisionnement en eau potable pour des populations toujours plus nombreuses, sans compter que la forte urbanisation, qui est doublée d’une littoralisation massive, oblige les Etats à se lancer dans de grands ouvrages d’amenée d’eau, la densité des aires de peuplement ne pouvant plus s’accommoder des ressources locales.

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