Collectivite Auteur :
International land Coalition, Institut Nord-Sud
Date de publication : 07/03/2006
Type : Exposé
Thème : Agriculture
Télécharger le document :Les relations entre la terre et le conflit sont extraordinairement complexes. Quand il s’agit de questions foncières, l’économie et la politique se mélangent aux traditions, à la culture, aux systèmes juridiques et à l’administration publique. Comme c’est le cas pour d’autres formes de conflit, les questions foncières sont liées à une structure complexe de pouvoir, d’intérêts économiques investis et de liens symboliques historiques aux inégalités systémiques. Dans des situations plus complexes, il y a généralement une accumulation de doléances qui peuvent être enserrées dans des conflits plus largement et profondément enracinés. Traiter les questions foncières de manière efficace demande une approche large, intégrée et interdisciplinaire.
Les conflits basés sur la ressource, spécialement sur les droits d’accès à la terre, augmentent en fréquence et en intensité, ayant pour conséquence des niveaux élevés de réfugiés et de personnes déplacées à l’intérieur du pays. Qu’ils soient provoqués par l’avidité ou par les doléances, les conflits fonciers peuvent causer de sérieux bouleversements sociaux ; suspendre ou détruire des opportunités de revenu ; créer une insécurité alimentaire ; endommager l’environnement, et fréquemment résulter en pertes de vies. Il y a un besoin urgent de créer des moyens pratiques d’empêcher, d’atténuer, de résoudre et de potentiellement transformer les conflits relatifs à la terre, car les tensions qui déclenchent des violentes disputes sur la terre et les ressources constituent des obstacles significatifs à la gestion et à la transformation des conflits.
Les ménages pauvres supportent la charge la plus lourde des conflits relatifs à la terre pour la simple raison que leurs besoins quotidiens et leurs moyens d’existence futurs sont directement liés à leurs droits de propriété. Leur taux de dépendance vis-à-vis de la terre est élevé. Les ménages pauvres courent un risque élevé de devenir les victimes du conflit si leur accès fragile à la terre est mis davantage en danger.
Les racines du conflit sont nombreuses : inégalités structurelles ou historiques ; politiques économiques et sociales et schémas de croissance et de développement ; disputes politiques ou territoriales ; communautés en compétition avec des intérêts commerciaux, particulièrement les industries extractives ; juridictions qui se chevauchent parmi les ministères gouvernementaux ; précédents propriétaires et bénéficiaires des réformes foncières ; intrusions sur les terres pastorales ; et règlements contradictoires tels que différences dans les moyens coutumiers et juridiques de gérer ou de concilier des droits fonciers.
Les conflits fonciers ont un impact disproportionné sur les femmes, car les femmes tendent à souffrir déjà plus que les hommes de systèmes juridiques faibles, de capacités institutionnelles limitées et de pratiques coutumières/traditionnelles.
Finalement, les conflits sur la terre et les ressources naturelles font obstacle aux efforts de la communauté internationale de réaliser les Objectifs du Millénaire pour le développement et d’autres priorités clés du développement dans les domaines de l’environnement, de la paix et de la sécurité ainsi que du développement de la démocratie.
