Auteur :
Cheynis
Éric
Année de Publication :
2005
Type : Article
Thème : Commerce
Couverture :
Maroc
Télécharger le document :La plupart des travaux publiés sur les mobilisations altermondialistes traitent de l’histoire du mouvement en Europe ou en Amérique du Nord, parfois en Amérique du Sud. Si le cas du Maroc a été jusqu’ici peu abordé, c’est que l’altermondialisme est sans doute, dans ce pays plus qu’ailleurs, une réalité en construction.
Cela même en fait pourtant un cas particulièrement intéressant pour comprendre les conditions d’émergence d’un « cadre d’action collective ».
Dans la mesure où nous ne considérons pas que la mondialisation génère automatiquement des résistances, toute référence à l’avènement d’une « société civile internationale » ou d’une « sphère publique transnationale » sera ici écartée. Le développement de l’altermondialisme dans le contexte marocain participe en revanche de la construction et de l’autonomisation d’un nouvel espace social
Si ce dernier parvient à exister, c’est parce qu’il fait l’objet de multiples investissements parfois contradictoires.
Loin de s’en remettre à un diffusionnisme désincarné, on s’intéressera ici aux acteurs, aux institutions et aux processus politiques et sociaux, liés à l’histoire et au pays dans lesquels ils s’inscrivent. Le phénomène d’importation-exportation, qui est au principe de la construction d’une mobilisation altermondialiste au Maroc, renvoie avant tout à la traduction et à l’appropriation d’un « cadre » appréhendé à travers le prisme du contexte local.
En outre, non seulement l’étude de la configuration marocaine permet d’éclairer une des faces de l’objet « altermondialisme », mais elle reflète également l’évolution d’un régime autoritaire qui n’est aujourd’hui « ni tout à fait le même, ni tout à fait un autre » notamment depuis l’entrée au gouvernement de l’opposition « historique » en 1998 et la disparition de Hassan II l’année suivante. C’est alors la thématique de la « transition démocratique » que l’on est conduit à revisiter, en évitant de « confondre les mots de la réforme avec les usages qui en sont faits »