Auteur :
Lavallée
Emmanuelle,
Olivier
Anne,
Pasquier-Doumer
Laure
...[et al.]
Année de Publication :
2009
Type : Etude
Thème : Société
Télécharger le document :A l’approche de l’échéance que s’est donnée la communauté internationale pour atteindre les Objectifs du millénaire pour le développement et, en particulier, celui de la réduction de l’extrême pauvreté, il convient de s’interroger sur les succès et les échecs des politiques de lutte contre la pauvreté « ciblées » pour un certain nombre. Le « ciblage » désigne la concentration sur les populations les plus pauvres ou les plus vulnérables des ressources des programmes de lutte contre la pauvreté. Le recours aux politiques ciblées dans les pays en développement a débuté dans les années 1980 afin de compenser les effets des plans d’ajustement structurel sur les conditions de vie, tout en maintenant la rigueur budgétaire imposée par ces plans. Dans les années 1990, l’aide aux pays en développement connaît un changement de paradigme qui fait de la réduction de la pauvreté l’un des principaux objectifs de la communauté internationale. Le ciblage, jusque-là outil d’accompagnement, devient un instrument pour la recherche d’une plus grande efficacité de la lutte contre la pauvreté. Dans un contexte de rareté des ressources, cet instrument peut, en effet, apparaître particulièrement attrayant, la réduction de la pauvreté étant a priori plus importante quand les ressources sont concentrées sur les ménages pauvres plutôt que distribuées à l’ensemble de la population, à travers une politique universelle.
Toutefois, cibler les politiques de lutte contre la pauvreté pose de nombreux problèmes d’ordre pratique, éthique, ou politique, plus particulièrement dans les pays en développement. L’identification même des ménages ou des individus à cibler est problématique. Elle nécessite de s’interroger sur les moyens et les coûts liés à l’identification des populations ciblées. Plus encore, le ciblage est un instrument complexe, d’une grande variété de mécanismes de sélection des individus, des ménages, ou de catégories de la population, définies selon des critères géographiques ou démographiques (femmes, enfants, personnes âgées, minorités ethniques).
Cette étude dresse un bilan des expériences de ciblage menées dans les pays en développement, à partir de l’abondante littérature, tant académique qu’opérationnelle, développée sur ce sujet depuis les années 1990. Elle cherche à mettre en lumière les facteurs de réussite ou d’échec de ces expériences et à faire le point sur les questions qui font toujours débat. La Banque mondiale occupe une place prépondérante dans les réflexions menée sur le ciblage. En effet, la plupart des travaux portant sur ce thème ont été réalisés par ses membres.
L’étude s’organise de la façon suivante : la première partie présente le cadre conceptuel sur lequel repose l’argument de l’efficacité du ciblage. La seconde partie expose les problèmes soulevés par la mise en oeuvre des politiques ciblées de lutte contre la pauvreté. La troisième partie propose un panorama des différents mécanismes de ciblage de ces politiques et examine les avantages et défauts de ces différentes méthodes ainsi que les conditions nécessaires à leur mise en oeuvre et à l’optimisation de leur efficacité. Enfin, la quatrième partie propose une synthèse des leçons tirées des expériences de ciblage des politiques de lutte contre la pauvreté, menées dans les pays en développement.
