Auteur :
Tullon
Hubert
Année de Publication :
2009
Type : Actes de congrès / Séminaire / Atelier
Thème : Education–Enseignement
Couverture :
Maroc
Télécharger le document :Le système protectoral a, au Maroc comme en Tunisie, structuré le champ linguistique de manière asymétrique en imposant le français comme langue de la domination et en reléguant l’arabe au rang de langue cultuelle et vernaculaire, deux langues donc, dont l’interface devait être assurée par des traducteurs-interprètes formés dans ce dessein. Cette asymétrie a largement perduré après les Indépendances, obtenues par des élites elles mêmes bilingues, en dépit des politiques d’arabisation menées dans les années 1970 et 80, et a débouché sur la constitution de systèmes d’éducation et de formation duaux dans lesquels la maîtrise du français, souvent héritée, dote ses bénéficiaires d’avantages non négligeables dans la compétition pour accéder aux positions sociales les plus valorisées. La recherche de moyens destinés à perfectionner et à élargir ce fond de bilinguisme, revendiqué comme une « prise de guerre » par un Kateb Yacine, ne doit-elle pas à l’heure de la mondialisation primer sur les replis identitaires, sachant que le bilinguisme est le meilleur prélude à un multilinguisme dont la généralisation semble désormais inéluctable ?